No hate. No violence. Races? Only one Human race. United We Stand, Divided We Fall. Know Your enemy. Act Now! Tomorrow it will be too late.

QUAND LA VERITE N’EST PAS LIBRE, LA LIBERTE N’EST PAS VRAIE

Bulletin d’information
de l´Association Vérité et Justice, CP 355, 1618, Châtel-Saint-Denis, Suisse, Rédacteur : René-Louis Berclaz
Nr: 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10 - 11 - 12 - 13 - 14 - 15


Le Procès Amaudruz
une parodie de justice

 


Avant-propos
René-Louis Berclaz

 

En 1966, le film Fahrenheit 451 (1) du cinéaste français François Truffaut enflammait les écrans. On y voyait, dans un futur proche, des pompiers pyromanes entrer de force chez les gens à la recherche de livres, pour ensuite les brûler sur la place publique. Ceux coupables de lire étaient emmenés on ne sait où, sous le regard terrorisé des voisins.

En 1969, le Dr James-Albert Mathez (1897-1974) était condamné à une peine ferme de trente jours d'emprisonnement par le Tribunal correctionnel de Vevey (Suisse), et à payer les frais de destruction du livre qui lui avait valu sa condamnation.

A quel tabou terrible ce livre pouvait-il faire allusion pour justifier un tel autodafé ? Son titre déjà, Le Passé, les Temps présents et la Question juive, et le fait qu'un chapitre fasse référence au témoignage d'un ancien déporté des camps de concentration allemands, Paul Rassinier (1906-1967), lequel démontrait déjà l'invraisemblance des chambres à gaz et des six millions, suffisent à nous donner une idée des prétextes qui justifièrent poursuites pénales et condamnation. Près de trente ans plus tard, le jugement prononcé contre Gaston-Armand Amaudruz, grâce à une nouvelle norme pénale élaborée cette fois sur mesure, retient à peu près les mêmes griefs que pour Mathez, mais avec une peine multipliée par douze ! C'est que, entre-temps, les pistes explorées par Paul Rassinier se sont également multipliées par douze, suite aux travaux de chercheurs comme Enrique Aynat, John Ball, Arthur Butz, Robert Faurisson, Wolfgang Fr?hlich, Jürgen Graf, Pierre Guillaume, Fred Leuchter, Carlo Mattogno, Jean Plantin, Carlos Porter, Vincent Reynouard, Henri Roques, Germar Rudolf, Wilhelm St?glich, Udo Walendy, Mark Weber, Ingrid Weckert ou Ernst Zündel !

A peine sorti, Fahrenheit 451 semblait déjà complètement dépassé par les événements, en l'occurrence ceux de Mai 68 et son fameux slogan " Il est interdit d'interdire ". Comment croire à l'avenir d'un tel futur après une victoire aussi totale de la liberté contre la censure et les contraintes ? Un an plus tard, la seule affaire Mathez montrait que Fahrenheit 451 était en fait un film réellement visionnaire, digne du roman prophétique 1984 de George Orwell ! Trente ans et une loi plus tard, la marmite où se mitonne la pensée unique mijote toujours sur la flamme du souvenir, une flamme alimentée au gaz…

 

Quant à ceux qui mirent allégrement les pieds dans le plat en Mai 68, il y a belle lurette qu'ils ne crachent plus dans l'assiette au beurre, dont la recette semble sortir tout droit des laboratoires de McDonald's : napper la peu ragoûtante réalité d'une fine couche appétissante de sauce virtuelle. Perspective alléchante pour " nous autres racistes (2) ", selon la formule heureuse de Gaston-Armand Amaudruz, car plus le monde virtuel gonfle, plus la couche devient mince... A l'évidence, ce monde parfait ne supporte pas le moindre coup de griffe : la baudruche a la peau délicate. Mais comme ce meilleur des mondes n'arrive guère à convaincre par ses propres mérites, il faut l'imposer par le biais d'une fable cruelle faisant office de repoussoir, autrement dit un mythe fondateur ayant valeur de dogme. Ce dogme prend-il quelque liberté avec le possible, il devient impossible d'en douter quand, pour convaincre les incrédules et les récalcitrants, il suffit d'appeler la police, à moins que ce ne soient nos pompiers pyromanes ! Alors qu'aujourd'hui la réalité a rejoint la fiction de Fahrenheit 451, ce que nous montre la parodie de justice que fut son procès, qui mieux que Gaston-Armand Amaudruz pourrait se reconnaître dans cette parole de Démocrite :

Tu supportes des injustices ; console-toi, le vrai malheur est d'en faire.

1 température d'ignition du papier
2 un racisme qui prône l'unité de la race dans la nation (Petit Larousse de 1947)

 

 


Compte rendu des audiences
Tribunal correctionnel de Lausanne, audiences des 3, 4 et 5 avril 2000
Louis-Philippe Comte

Le cadre des débats

Un nouveau procès politique pour infraction à la norme pénale antiraciste (article 261 bis du Code pénal suisse) (voir annexe 1) s'est tenu du 3 au 5 avril 2000 devant le Tribunal correctionnel du district de Lausanne (Suisse). Cette affaire se situe dans la ligne des quelque 50 procès politiques qui furent instruits ces cinq dernières années en Suisse, avec plusieurs peines fermes à la clé. Environ 60 personnes purent assister à des débats largement médiatisés. L'accusé bénéficia du soutien visible d'une trentaine de ses amis ; ces derniers se relayant durant les trois journées d'audience, il y en eut pratiquement toujours une vingtaine présents dans la salle. Dès le deuxième jour d'audience, les partisans des plaignants se mobilisèrent, l'atmosphère devint plus tendue, et des bousculades se produisirent devant la porte de la salle du tribunal.

 

L'accusé
Gaston-Armand Amaudruz, né en 1920, docteur en sciences politiques de l'Université de Lausanne, professeur de langues à la retraite et publiciste, publie régulièrement depuis 1946 un périodique politique, Le Courrier du Continent.

 

L'avocat de la défense
L'accusé est défendu par Me Patrick Richard du Barreau de Lausanne, commis d'office.

 

L'acte d'accusation
Il retient initialement deux articles parus dans les numéros 367 et 375 du Courrier du Continent dans lesquels l'auteur exprime ses doutes quant à l'existence des chambres à gaz homicides sous le Troisième Reich et le chiffre de six millions de victimes juives. Autre infraction supposée, deux livres " racistes " ainsi que quelques livres et publications révisionnistes offerts publiquement à la vente. Suite à une perquisition effectuée en juin 1995, plusieurs de ces livres furent séquestrés par la justice.

 

La juridiction
Le Tribunal correctionnel du district de Lausanne, canton de Vaud (Suisse), instance de première juridiction.

La Cour est présidée par Michel Carrard, assisté de trois juges assesseurs.

Le Ministère public du canton de Vaud est représenté par Jean-Marc Schwenter, procureur général.

 

Les plaignants
La Fédération des Communautés israélites (Suisse), représentée par Me Geller.

La Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Suisse), représentée par Me Nordmann (Licra).

La Fédération des Fils et Filles des déportés juifs de France (France), représentée par Me Grumbach.

Sigmund Toman, ancien déporté, représenté par Me Gani.

 

 

Les témoins de la défense

Constatons tout d'abord que les principaux témoins requis par la défense, Me Eric Delcroix du barreau de Paris, ainsi que le professeur Robert Faurisson, spécialiste des chambres à gaz, agréés dans un premier temps par le président Carrard, ne furent finalement pas autorisés à témoigner. Précisons encore que les plaignants menacèrent de dénoncer les témoins de la défense si leurs propos venaient à violer les normes pénales. Le seul témoin de la défense fut finalement Jean-Noël Plantier, directeur commercial des librairies Payot.

 

 

Les témoins des plaignants

Alors que le président Carrard avait déclaré dans une lettre du 20 janvier 2000 que " l'instruction au cours des débats ne doit pas glisser vers un procès de la Deuxième Guerre mondiale ", les plaignants purent présenter les témoins Léon Reich, né en 1926, et Otto Klein, né en 1932, tous deux anciens déportés des camps de concentration. Quant à Boël Sambuc, vice-présidente de la Commission fédérale contre le racisme, et Me Serge Klarsfeld, tous deux membres de la Licra, ils purent intervenir librement au cours des débats en tant que membres de cette association.

 

 

Audience du 3 avril

Précisons d'abord que les propos rapportés ici ne le sont pas au mot près, mais en substance, sur la base de notes prises par trois personnes présentes pendant les audiences. Ces notes ont été ensuite confrontées entre elles et avec le texte du jugement, lequel reste lacunaire quant aux dépositions des témoins et des plaidoiries (dans le canton de Vaud, les débats ne sont pas enregistrés). Dans ces conditions, on ne peut exclure des inexactitudes.

La parole est donnée à Me Richard, lequel provoqua d'emblée un incident de procédure concernant la prétention des plaignants à se constituer partie civile. Son argumentation porta sur les trois points suivants :

 

1 - Conditions générales

Me Richard constata que les trois associations plaignantes sont très influentes et remarquablement bien organisées ; elles sont en mesure de produire une vaste documentation contre l'accusé, jusqu'à des rapports de police remontant aux années 40 ! Ces associations représentent en réalité davantage des groupes de pression que des collectifs de victimes.

 

 

2 - Conditions légales

Contrairement au droit français, le Code pénal suisse ne reconnaît pas aux personnes morales la qualité de parties civiles. De même, selon le Code de procédure pénale en vigueur dans le canton de Vaud, seule une personne physique atteinte dans son intégrité peut se porter partie civile. Le but de l'article 261 bis du Code pénal suisse étant de protéger la paix publique et la dignité humaine, il est évident que les associations plaignantes ne représentent ni l'une ni l'autre. Il est vrai que le professeur Niggli soutient le contraire (juriste et auteur d'un ouvrage de référence sur l'interprétation et l'application de la loi antiraciste, Rassendiskriminierung, ein Kommentar zu Art. 261bis StGB und Art. 171 c MStG ", Schulthess, Zurich, 1996). Selon le Tribunal fédéral, quatre critères impératifs sont requis pour que les personnes morales puissent, le cas échéant, se porter parties civiles :

 

1. Ester en justice.

2. Intérêt reconnu d'un grand nombre de membres individuels pour agir collectivement.

3. Les statuts des personnes morales (associations) doivent prévoir cette éventualité.

4. Les membres des associations doivent agir à titre individuel.

 

En l'occurrence, ces quatre critères ne sont manifestement pas remplis. Me Richard constata que ces associations se réfèrent principalement à une argumentation valable pour le droit civil pour prétendre à cette qualité.

 

 

3 - Conditions particulières

Les statuts de la Licra ne prévoient pas que cette association puisse se porter partie civile dans les cas de révisionnisme, et Me Richard ne comprend pas pourquoi ses membres ne se sont pas portés parties civiles à titre individuel. Quant à la Fédération des communautés israélites, elle représente des associations et non pas des personnes physiques, et son but est de protéger les intérêts et les biens communs des Juifs. Pour la Fédération des Fils et Filles des déportés juifs de France, ses prétentions sont irrecevables, car c'est une association française, laquelle n'a aucun droit d'agir en Suisse.

 

Me Richard conclut au rejet de ces associations en tant que parties civiles. Les accepter serait ouvrir la porte à tous les dérapages, avec comme conséquence les prétentions possibles du tout-puissant Congrès juif mondial…(Voir annexe 2).

 

Le procureur Schwenter déclara que cet incident ne saurait concerner directement le Ministère public, mais recommanda à la Cour de rejeter la requête de Me Richard.

 

Me Geller. - Amaudruz parle toujours de loi-muselière, mais c'est lui maintenant qui veut museler les plaignants. Selon le professeur Niggli, l'atteinte à la dignité humaine serait aussi de nature collective. Mieux encore, le Tribunal fédéral justifierait ces arguments en soutenant que les lésés, " émotifs ", n'oseraient pas se présenter tout seuls ! Ils doivent être représentés pour simplifier la procédure. La collectivité que je défends ici, atteinte dans sa dignité par les agissements de l'accusé, a un intérêt légitime à se porter partie civile. Même Aldo Ferraglia, le diffuseur du livre de Roger Garaudy Les Mythes fondateurs de la politique israélienne a reconnu les parties civiles en acceptant de payer le franc symbolique !

Me Nordmann. - Amaudruz a écrit dans le dernier Courrier du Continent que, selon le Tribunal fédéral, douter égale nier, une ânerie qui obligerait les magistrats de braire à l'unisson. C'est un affront pour la Justice !

Me Grumbach. - Les statuts de l'association que je représente prévoient expressément une telle opportunité. Par ailleurs, le devoir de mémoire n'a pas de frontière et justifie le droit d'ingérence !

Me Gani. - Mon client, survivant des camps de la mort, a toutes les qualités requises pour se porter partie civile.

Me Richard. - La Cour ne saurait s'aligner sur le droit français pour accepter les prétentions des plaignants à se constituer parties civiles !

Après délibérations, à défaut de savoir ce que le Tribunal fédéral déciderait ultérieurement, la Cour admit que les plaignants pouvaient se constituer parties civiles sur la base du droit international.

 

Schwenter. - Je souhaite inclure à l'acte d'accusation le dernier éditorial du Courrier du Continent, intitulé Vive le révisionnisme ! (No 418 d'avril 2000, où Amaudruz déclare : " Poursuivi pour révisionnisme, je répète : le chiffre des six millions est impossible, je ne crois pas aux chambres à gaz homicides, faute de preuves. Mon procès est un procès politique ; le jugement dépend uniquement de l'opportunité du moment. Préférant obéir à ma conscience plutôt qu'à une loi immorale et criminelle, je persiste et signe. Vive le révisionnisme ! ) Une telle obstination doit être prise en compte par la Cour !

Après avoir délibéré, la Cour accepta d'inclure ce texte à l'acte d'accusation.

 

L'audience se poursuivit par l'interrogatoire de l'accusé. Après les questions habituelles portant sur son identité et sa situation, le président Carrard lui demanda si les ouvrages séquestrés suivants avaient été mis publiquement en vente depuis le 1er janvier 1995, date de l'entrée en vigueur de la norme pénale antiraciste :

 

Amaudruz, Nous autres racistes et Les Peuples blancs survivront-ils ?

Richard Harwood, Six millions de morts le sont-ils vraiment ?

Ernst Gauss, Grundlagen zur Zeitgeschichte.

François Brigneau, Mais qui est donc le professeur Faurisson ?

Paul Rassinier, Le véritable procès Eichmann ou les vainqueurs incorrigibles et Le Drame des Juifs européens.

Thies Christophersen, Le Mensonge d'Auschwitz.

Udo Walendy, Bilddokumente für die Geschichtsschreibung.

Wilhelm St?glich, Le Mythe d'Auschwitz.

Serge Thion, Vérité historique ou vérité politique ?

Robert Faurisson, Réponse à Pierre Vidal-Naquet.

Jürgen Graf, L'Holocaute au scanner.

Plusieurs numéros des Annales d'histoire révisionniste, de la Revue d'histoire révisionniste ainsi que la revue La Voix du Peuple. (Voir annexe 3)

 

 

Amaudruz. - L'enquête ayant été conduite de manière lacunaire sur ce point, je ne suis pas en mesure de répondre à cette question sans consulter ma comptabilité.

Le procureur Schwenter enchaîna avec les questions suivantes :

 

Schwenter. - Est-il vrai que vous avez servi dans l'armée allemande pendant la seconde guerre mondiale ?

Amaudruz. - C'est une pure invention des médias.

Schwenter. - Qu'en est-il du Nouvel Ordre européen ?

Amaudruz. - Ce groupe fut fondé en 1951 ; la dernière réunion eut lieu en 1991 ; depuis, il n'a plus été possible de se réunir dans les pays européens où nous avions l'habitude de nous rencontrer.

Schwenter. - Comment diffusez-vous le Courrier du Continent ?

Amaudruz. - Par poste à près de 300 abonnés. En tout, j'imprime environ 400 exemplaires.

Schwenter. - Rédigez-vous seul chaque numéro ?

Amaudruz. - Je reçois aussi des textes, les contributions sont bénévoles.

Schwenter. - Est-il rentable ?

Amaudruz. - Je couvre mes frais.

Schwenter. - Quelle est sa périodicité ?

Amaudruz. - Il paraît dix fois par année.

Schwenter. - Combien de livres incriminés avez-vous vendus depuis le 1er janvier 1995 ?

Amaudruz. - Quelques livres commandés avant cette date ont peut-être été livrés, mais depuis la perquisition de juin 1995, plus aucun livre n'a été vendu.

Schwenter. - Etes-vous raciste ?

Amaudruz. - Oui, selon la définition du Petit Larousse de 1947. Selon cette définition, le racisme prône l'unité de la race dans la nation. Aujourd'hui, la définition a changé, puisque selon le même dictionnaire, édition de 1986, un raciste est quelqu'un qui veut exploiter ou exterminer les autres races. Bien entendu, je ne suis pas raciste dans ce sens-là. Je ne veux exploiter ni exterminer personne.

Schwenter. - Etes-vous antisémite ?

Amaudruz. - Non.

Schwenter. - Qui a publié le Manifeste social-raciste ?

Amaudruz. - La commission culturelle du Nouvel Ordre européen.

Schwenter. - Selon ce Manifeste, les mariages mixtes interraciaux sont à proscrire, alors que l'eugénisme est à promouvoir. Est-ce toujours votre point de vue ?

Amaudruz. - Oui.

Schwenter. - Etes-vous toujours d'avis qu'une hiérarchie est nécessaire et que les peuples métissés sont de nature instable et chaotique, comme au Brésil et aux Etats-Unis ?

Amaudruz. - Oui.

Schwenter. - Pour vous, ce Manifeste est toujours d'actualité ?

Amaudruz. - Etant donné l'augmentation toujours plus grande de l'immigration extra-européenne, ce Manifeste mériterait d'être actualisé.

Schwenter. - Dans ce Manifeste, il est question de déchet biologique : l'écume et la lie. Qu'entendez-vous par-là ?

Amaudruz. - Selon ce Manifeste, rédigé il y a près de 40 ans, l'écume définit des gens intelligents mais animés par un égoïsme sans limite. Par lie, il faut comprendre les asociaux et les délinquants.

Schwenter. - Que faut-il faire de l'écume ?

Amaudruz. - Les éloigner des leviers du pouvoir.

Schwenter. - Avec la lie ?

Amaudruz. - Les contrôler par des lois très strictes. En Iran, les trafiquants de drogue sont pendus. Il n'est bien entendu pas question d'aller aussi loin. Mais le laxisme encourage la délinquance ; voyez les marchands de drogue libérés de manière anticipée faute de place dans les prisons.

Schwenter. - Que devrait-on faire du déchet biologique ; le mettre à la poubelle ?

Amaudruz. - Dans un Etat sain, l'hyperégoïsme serait limité par la loi. Notre société actuelle permet l'usure : ceci ne devrait plus être le cas.

Schwenter. - Le déchet biologique ne devrait-il pas être éliminé physiquement ?

Amaudruz. - Non.

Schwenter. - Selon Le Manifeste social-raciste, les Juifs sont dirigés par leur déchet biologique. Que faut-il en faire ?

Amaudruz. - Les aider à se libérer de leurs dirigeants actuels.

Schwenter - Est-ce que les Juifs sont vraiment dirigés par leur déchet biologique ?

Amaudruz. - Oui, regardez comment agit un Bronfman !

Schwenter. - Est-ce que ce n'est pas de l'antisémitisme ?

Amaudruz. - Non, critiquer le gouvernement suisse ne signifie pas être antisuisse.

Schwenter. - Quant aux mélanges raciaux qui, selon vous, déprécient les races, ce n'est pas de la discrimination ?

Amaudruz. - Le mélange racial détruit ce que la nature a voulu. Le racisme bien compris garantit l'intégrité des communautés humaines selon les principes du droit naturel. Chaque race est parfaitement adaptée à son environnement et doit le rester.

Schwenter. - Dans votre livre Les Peuples blancs survivront-ils ? vous abordez le thème du révisionnisme. Vous dites que l'Histoire a été écrite par les vainqueurs. Pouvez-vous nous en dire davantage ?

Amaudruz. - Pendant la Première Guerre mondiale, la propagande anglaise a fabriqué la fable des enfants belges aux mains coupées par les soldats allemands. La fable des six millions de victimes juives est la suite logique de ce genre de propagande.

Schwenter. - De tels propos ne sont-ils pas antisémites ?

Amaudruz. - Non, bien au contraire, car l'antisémitisme est surtout utile à ceux qui utilisent cette propagande pour pressurer la Suisse. Dans l'affaire des fonds juifs en déshérence, les sommes à payer par les banques se répercutent forcément sur les clients ; comme personne n'aime payer pour les autres, les conséquences sont faciles à deviner.

Schwenter. - Toujours selon Les Peuples blancs survivront-ils ? vous écrivez qu'on fait avorter des enfants sains, mais qu'on laisse naître des enfants dont on sait qu'ils seront gravement handicapés. Etes-vous contre l'avortement ?

Amaudruz. - Oui.

Schwenter. - L'eugénisme que vous préconisez n'est-il pas contraire à votre position contre l'avortement ?

Amaudruz. - Avec l'inversion des valeurs actuelles, les mêmes personnes qui préconisent l'avortement d'enfants sains sont opposées à l'avortement d'enfants anormaux. Grâce au progrès de la génétique, il est possible de savoir assez tôt si l'enfant à naître deviendra anormal. Il n'est donc pas nécessaire d'utiliser des méthodes barbares pour éviter de telles naissances.

Schwenter. - Etes-vous pour l'élimination des anormaux ?

Amaudruz. - Non, une fois nés, ils ont droit à la vie, mais Il faut éviter qu'ils ne naissent.

Schwenter. -- Toujours dans Les Peuples blancs survivront-ils ? vous dites que les droits populaires ont des conséquences fâcheuses ?

Amaudruz. - Oui, la démocratie parlementaire est la plus mauvaise des formes de gouvernement, avec comme conséquence la prise du pouvoir par les parasites. Ce système fait croire au peuple qu'il a son mot à dire, ce qui est une illusion et une tromperie.

Schwenter. - Dans ce même ouvrage, vous écrivez que la future révolution européenne ne devrait pas être violente. Etes-vous toujours du même avis ?

Amaudruz. - Ceci a été écrit il y a plusieurs dizaines d'années déjà. Aujourd'hui, avec les menaces de catastrophes planétaires, il est irréaliste de croire à une révolution sans effusion de sang.

Schwenter. - Pourquoi votre livre Ubu justicier au premier procès de Nuremberg ne figure-t-il pas dans la liste des livres séquestrés ?

Amaudruz. - Parce qu'il est presque épuisé. Je réservais les derniers exemplaires à des amis.

Schwenter. - Dans ce livre, vous critiquez le procès de Nuremberg, mais le génocide juif n'est pas contesté ?

Amaudruz. - C'est vrai, mais ce livre date de 1946 et il a été écrit en fonction des connaissances du moment.

Schwenter. - Pourquoi une fois entrée en vigueur la loi antiraciste, avez-vous publié vos doutes sur l'existence des chambres à gaz et des six millions ?

Amaudruz. - Dans cette loi, il n'est pas question des chambres à gaz ni des six millions. J'ignorais encore que ces deux dogmes étaient intouchables. Et comment pouvait-on savoir, selon la jurisprudence aberrante du Tribunal fédéral, que douter égale nier ? Paul Rassinier, un ancien déporté, dans son livre Le Drame des Juifs européens, explique pour la première fois pourquoi le chiffre des six millions est impossible. Quant aux chambres à gaz, j'y croirai dès que l'on me présentera des preuves.

Schwenter. - Rassinier a-t-il eu en France des problèmes avec ses livres ?

Amaudruz. - Il est mort avant. Dans le livre en question, Rassinier arrive au chiffre de 1,4 million de victimes juives pendant la guerre. Je ne saurais articuler un chiffre précis à ce sujet. (Voir annexe 4).

Schwenter. - Qu'entendez-vous par événement mythique en parlant de l'Holocauste ?

Amaudruz. - Si le chiffre de six millions était vrai et si les chambres à gaz avaient réellement existé, il ne serait pas nécessaire d'interdire les avis divergents en instaurant des lois-muselières. Je suis obligé de constater que ces lois sont le dernier moyen d'accréditer le génocide des Juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale. Comme les médias ne parlent que de cette version, il est normal que le doute s'installe dans les esprits.

Schwenter. - Que préconisez-vous pour la jeunesse ?

Amaudruz. - La jeunesse a surtout besoin d'idéaux. Aujourd'hui, on apprend aux enfants que le but de la vie, c'est de s'enrichir.

Schwenter. - Avez-vous publié votre article Vive le révisionnisme par provocation ?

Amaudruz. - Tout à fait, je l'ai écrit exprès pour l'occasion.

Schwenter. - Etes-vous le seul responsable du Courrier du Continent ?

Amaudruz. - A ses débuts, le Courrier du Continent était dirigé par un comité de 6 personnes. Aujourd'hui, je suis seul responsable.

Schwenter. - Quels sont les buts que vous poursuivez ?

Amaudruz. - Promouvoir l'intégrité du territoire national, où chaque groupe ethnique ou social serait légitimement représenté.

Schwenter. - Ce comité était-il national-socialiste ?

Amaudruz. - Non, mais nous admettions que le fascisme et le national-socialisme avaient beaucoup d'aspects positifs. Le corporatisme italien est un principe valable pour le monde du travail, de même que la politique de l'emploi du Troisième Reich a obtenu des résultats incontestables. En quelques années, Hitler a su donner du travail à plus de six millions de chômeurs, ce qui est une réussite brillante, mais si un Haider le dit, il soulève une tempête de protestations !

Schwenter. - Qui était Roger Bretscher ?

Amaudruz. - Un des fondateurs du Courrier du Continent.

Schwenter. - Bretscher était-il national-socialiste ?

Amaudruz. - Oui, et alors ? Bretscher a servi dans la Waffen SS, comme beaucoup d'autres Suisses.

Schwenter. - Déjà en 1941, vous avez voulu fonder un mouvement politique appelé Eurafrique ?

Amaudruz. - Oui, ce mouvement cherchait à promouvoir une communauté d'intérêts entre l'Afrique et l'Europe pour que notre continent ne soit pas broyé entre l'Union soviétique et les Etats-Unis. Ce mouvement ne comptait qu'une douzaine de membres. Nos idées étaient, semble-t-il, trop avancées pour l'époque.

Schwenter. - Avez-vous essayé de publier, en 1942, une revue d'essais littéraires dont la publication ne fut pas autorisée ?

Amaudruz. - Un nouveau bobard de la Police fédérale !

Schwenter. - Pourquoi parlez-vous dans vos écrits de la grande race blanche ?

Amaudruz. - Je ne parle pas de grande race blanche mais de grand-race blanche, ce qui veut dire race principale. Il y a une grand-race blanche, une jaune, et trois grand-races noires.

Schwenter. - Vous semblez ne pas aimer les Etats-Unis ?

Amaudruz. - Je n'ai rien contre les citoyens américains, qu'il ne faut pas confondre avec des gens comme Clinton et sa clique.

Schwenter. - Pourquoi dites-vous que le déchet biologique détient le pouvoir dans le système actuel ?

Amaudruz. - Selon le scientifique et " père des fusées " Hermann Oberth, dans son ouvrage Kakokratie (domination des mauvais), entre deux personnes intelligentes dont l'une est honnête et l'autre moins, la deuxième aura dans notre société de meilleures chances de succès. Et par suite de cette antisélection les couches supérieures de la société s'enrichissent de canailles. Dans une démocratie parlementaire, les détenteurs du pouvoir sont contrôlés par les lobbies. Récemment, le Crédit suisse a supprimé les subventions au parti radical-démocratique et à l'Union démocratique du centre, parce que ces partis avaient critiqué l'accord passé par les banques suisses avec le Congrès juif mondial dans l'affaire des fonds juifs en déshérence. On ferme le robinet à celui qui ne marche pas droit.

Schwenter. - Quand vous parlez de lobbies, vous pensez surtout au lobby juif !

Amaudruz. - Non, pas uniquement. Il y en a d'autres, comme le lobby socialiste qui, lui aussi, a participé à la campagne contre l'Autriche, n'admettant pas que leurs camarades aient ramassé une veste aux dernières élections.

Schwenter. - Est-il vrai que vous auriez entrepris des démarches pour servir dans l'armée allemande pendant la guerre ?

Amaudruz. - Encore un bobard !

Schwenter.- Avez-vous participé au mois d'avril dernier à une conférence organisée à Sion par l'association Vérité et Justice ?

Amaudruz. - Certainement, car je suis membre de cette association. J'ai également commenté l'arrêt du Tribunal fédéral concernant l'affaire Ferraglia à l'occasion d'une conférence organisée par cette association à Zürich l'automne passé.

Schwenter. - Quels en sont les buts ?

Amaudruz. - Défendre la liberté d'expression et favoriser la libre recherche en histoire.

Schwenter. - Est-ce que des skinheads sont aussi venus à cette conférence ?

Amaudruz. - J'en ai vu quelques-uns.

Schwenter. - Vous avez dit que votre livre Ubu justicier au premier procès de Nuremberg était épuisé. Pourtant ce livre a été mis en vente en 1999 par la Librairie roumaine à Paris.

Amaudruz. - Il est possible qu'il reste encore quelques exemplaires de cet ouvrage chez des diffuseurs français.

Schwenter déclare qu'il a terminé pour le moment et laisse la parole aux avocats de la partie civile.

Me Geller. - Selon vous, Hitler, que vous présentez comme un grand dirigeant élu démocratiquement, ferait-il partie du déchet biologique ?

Amaudruz. - Non.

Me Klarsfeld. - Vous considérez-vous comme un historien ?

Amaudruz. - Non. (…) Mais j'attire votre attention sur le fait que les témoins peuvent raconter ce qu'ils veulent. La Cour a refusé d'entendre le témoignage du professeur Faurisson, qui aurait pu nous éclairer à ce sujet. Aux Etats-Unis, par exemple, le Polonais Frank Walus a été dénoncé comme auteur de nombreux crimes commis dans des camps de concentration. Pas moins de 11 témoins juifs ont déclaré sous la foi du serment avoir reconnu en Walus leur bourreau. Pourtant, des documents ont prouvé que Walus avait travaillé pendant toute la guerre dans une exploitation agricole en Allemagne, et Walus fut acquitté.

Le président Carrard. - Plusieurs extraits du livre de René Binet paru dans les années 50 sous le titre Théorie du racisme sont discriminatoires envers certaines races ; Binet étant un des membres fondateurs du Nouvel Ordre européen, revendiquez-vous ces déclarations ?

Amaudruz. - Je ne saurais répondre des écrits de Binet et je n'approuve pas automatiquement tout ce qu'il a publié.

Le président Carrard. - Qui est Ernst Zündel ?

Amaudruz. - Le procès Zündel (un révisionniste d'origine allemande) avait défrayé la chronique au Canada à cause du professeur Faurisson qui avait réduit à néant certains témoignages.

Le président Carrard. - François Brigneau (un grand journaliste très connu de la presse nationale française) est-il un pseudonyme de Robert Faurisson ?

Amaudruz. - Non.

Le président Carrard. - Carlo Magnotto (sic) a-t-il contribué au Manifeste social-raciste ? (Carlo Mattogno est un spécialiste des problèmes techniques liés à l'" Holocauste ")

Amaudruz. - Non.

Le président demande aux avocats des parties civiles s'ils veulent poser d'autres questions.

 

Me Nordmann. - Pourquoi doutez-vous de l'Holocauste ?

Amaudruz. - Parce que les lobbies en parlent sans cesse et sans nuance comme d'un fait indiscutable. Afin d'élargir le débat, il faut supprimer la loi-muselière, afin que ces questions puissent être discutées librement par des historiens et non par des juges.

Me Geller. - Ne devez-vous pas respecter une loi qui a été approuvée en consultation populaire ?

Amaudruz. - Cette loi est formulée de manière tellement floue qu'elle se prête à de nombreuses interprétations. Si le délit était clairement défini, ce qui était le cas de l'avant-projet soumis aux Chambres fédérales, il serait possible de respecter la loi.

Me Grumbach. - A l'avenir, avez-vous l'intention de respecter la loi ?

Amaudruz. - Cette loi n'explique pas pourquoi le fait de nier un génocide implique nécessairement un comportement discriminatoire envers des personnes de races différentes. D'autre part, on nous dit que les races n'existent pas. Dans l'incertitude, je préfère obéir à ma conscience plutôt qu'à un concept mal défini. (Voir annexe 5).

 

 

 

Audience du 4 avril

Les parties civiles avaient demandé l'audition du journaliste Hans Stutz, présenté comme un spécialiste de l'extrême droite. Stutz ayant assisté à la première journée d'audience pour la Wochen Zeitung et la Jüdische Rundschau Maccabi, Me Richard contesta sa comparution, l'usage voulant que les témoins ne puissent préalablement assister aux débats. Le procureur général se rangea à l'avis de Me Richard, contrairement aux avocats juifs qui insistèrent pour obtenir la comparution de Stutz, excepté Me Geller. Selon lui, il ne fallait pas risquer une annulation du procès pour vice de forme. Après délibération, la Cour décida de renoncer au témoignage de Stutz. L'autre témoin cité par les plaignants, Jürg Frischknecht, un journaliste spécialiste de l'extrême droite, ne vint pas pour des raisons inconnues. Le président Carrard invita alors Jean-Noël Plantier, directeur commercial des librairies Payot, à la barre des témoins.

Me Richard. - Existe-t-il une liste des ouvrages censurés ?

Plantier. - Il n'existe pas de telle liste.

Me Richard. - Avez-vous connu des problèmes avec la loi antiraciste ?

Plantier. - Payot n'a eu aucun problème avec cette loi, excepté avec le livre de Garaudy, Les Mythes fondateurs de la politique israélienne, qui a d'abord été mis en vente, puis retiré du marché. Une centaine d'exemplaires furent retirés des rayons. Comme il est impossible à un libraire de lire tous les livres qu'il met en vente, avec 40 000 nouveaux titres en langue française publiés chaque année, on ne pouvait savoir que le livre de Garaudy risquait d'enfreindre la loi.

Me Richard. - Avez-vous dans vos rayons les livres de Gobineau ?

Plantier. - Certainement, cet auteur se trouve même dans la collection de La Pléiade.

Me Richard. - Savez-vous que Gobineau est un théoricien du racisme ?

Plantier. - Oui.

Me Richard. - Avez-vous Mein Kampf dans vos rayons ?

Plantier. - Nous le vendons sur commande uniquement.

Me Richard. - Pourtant, ce livre est interdit en Allemagne ?

Plantier. - C'est possible, mais il n'y a pas en Suisse d'ouvrages interdits à la vente.

Me Richard. - Comment faites-vous la différence entre de la littérature révisionniste et des ouvrages scientifiques traitant du même sujet ?

Plantier. - Cette différence est très difficile à déterminer.

Me Richard. - Que pensez-vous de la loi antiraciste ?

Plantier. - Je crois que cette loi est un garde-fou utile.

 

Mme Sambuc vint ensuite s'exprimer. Etant membre de la Commission fédérale contre le racisme et membre de la Licra, Me Richard avait demandé sa récusation comme témoin à cause de ce cumul. La Cour décida néanmoins d'entendre Mme Sambuc, non comme témoin, mais comme représentante d'une organisation plaignante.

 

Le président Carrard. - Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste le travail de la Commission fédérale contre le racisme ?

Boël Sambuc. - Sa mission est de lutter contre le développement de l'intolérance de la population suisse vis-à-vis des étrangers, surtout depuis l'affaire des fonds juifs en déshérence. Cette évolution a fait le lit des antisémites. Je suis très inquiète de l'influence du révisionnisme, une idéologie dangereuse qui ne cesse de prendre de l'ampleur. Le phénomène skinheads se répand aussi partout, et les sites racistes se multiplient sur Internet. Nous devons faire attention à cette évolution. Et n'oublions pas les manifestations du racisme ordinaire au sein de la population, qui doivent être combattues.

Me Richard. - Connaissez-vous personnellement monsieur Amaudruz ?

Boël Sambuc. - Je le connais par ce qu'en a dit la presse.

Le président Carrard invita alors Sigmund Toman, partie civile, à exposer les motifs de sa plainte.

 

Sigmund Toman.- J'ai été incorporé dans les Aufbaukommandos en décembre 1941 et affecté à la construction du camp de Theresienstadt, situé au nord de Prague, ceci jusqu'en décembre 1943. Ensuite je fus transféré à Auschwitz, avec mes parents, dans un camp de regroupement familial. C'est là que j'ai vu les flammes sortir des cheminées des crématoires. J'ai senti l'odeur de la chair brûlée. (Voir annexe 6). Des Kapos polonais nous racontaient que les Juifs disparus après avoir été sélectionnés avaient été conduits aux chambres à gaz. En été 1944, je fus encore déplacé pour travailler dans une usine d'essence synthétique à Monowitz (camp satellite d'Auschwitz situé à quelques kilomètres à l'est). En janvier 1945, j'ai été évacué par étapes jusqu'à Dachau, lieu de ma libération. Ma mère a survécu au camp d'Auschwitz, mais mon père est certainement mort là-bas en juillet 1944.

Me Gani. - Que ressentez-vous en entendant les propos de ceux qui nient ce que vous avez vécu ? Cela ne vous fait-il pas souffrir une deuxième fois ?

Sigmund Toman. - Oui, c'est ainsi.

Le président Carrard. - Avez-vous témoigné de ce que vous avez vécu dès la guerre terminée ?

Sigmund Toman. - Non, j'en avais assez. Ce n'est qu'après une dizaine d'années que j'ai pu en parler.

Schwenter à Amaudruz. - Estimez-vous que M. Toman a fait un faux témoignage ?

Amaudruz au président Carrard. - Monsieur le président, vous m'avez mis hors d'état de me prononcer à leurs sujets. J'avais requis la présence du professeur Faurisson et de Me Delcroix, du barreau de Paris, et vous avez refusé l'un et l'autre. Je me permets de suggérer à monsieur Toman de bien vouloir présenter sa déposition par écrit, un document que je transmettrai alors au professeur Faurisson. (Voir annexe 7).

Le président Carrard questionna ensuite le témoin Léon Reich. - Comment avez-vous passé la guerre ?

Léon Reich. - Pendant la guerre, j'étais d'abord dans deux camps de travail, ensuite à Gross-Rosen et pour finir à Buchenwald. Mon frère fut tué par une injection à Buchenwald. Le fait que des gens puissent douter de tout ça est terrible, alors qu'il y a tant de preuves concernant l'Holocauste. Cela me fait souffrir une deuxième fois. Rudolf Hoess, le commandant d'Auschwitz lui-même, déclara qu'aucun enfant ne survécut à l'Holocauste. Je peux vous montrer des photos horribles à ce sujet (le témoin sort de sa serviette les photos qu'il présente habituellement dans les écoles). (Voir annexe 8)

Me Geller. - Croyez-vous que chaque Juif se sente atteint dans sa dignité par les négateurs de l'Holocauste ?

Léon Reich. - Oui, je le crois.

Le président Carrard. - Avez-vous déjà témoigné devant la Justice après la guerre ?

Léon Reich. - Non, c'est la première fois que je témoigne devant un tribunal. Par contre, j'ai souvent parlé de ces événements dans les écoles.

Le président Carrard à Amaudruz.- Selon-vous, ce témoin a-t-il fait un faux témoignage ?

Amaudruz. - Je ne peux que répéter mes déclarations relatives au témoignage de monsieur Toman. Privé de l'avis du professeur Faurisson, je regrette de ne pouvoir me prononcer.

Léon Reich remit ensuite à la Cour les dessins de David Olère qui montraient des cadavres à Buchenwald. Il déclara encore que 10 000 personnes furent abattues d'une balle dans la nuque, sous prétexte de les mesurer.

Me Richard. - Je constate que mon client ne remet pas en cause la souffrance des Juifs. Monsieur Reich, avez-vous vu des chambres à gaz dans les camps où vous avez été interné ?

Léon Reich. - Non, pas là-bas, mais j'en ai vu après la guerre, à Maïdanek. Mais je peux vous raconter une histoire encore pire que celle des chambres à gaz ; c'était quand nous étions cachés avec 22 personnes dans une grange, où une mère dut étouffer son enfant pour que ses pleurs ne puissent alerter une patrouille toute proche. (Le président Carrard rendit alors au témoin les dessins de David Olère, ainsi que les photos, et fit remarquer à Léon Reich que les révisionnistes considéraient que les aveux de Hoess avaient été extorqués sous la torture, et par conséquent seraient sans valeur.) (Voir annexe 9).

 

Troisième survivant, Otto Klein dépose maintenant à la barre des témoins.

 

Otto Klein. - J'ai été déporté à Auschwitz en juin 1944, à l'âge de 12 ans. A Birkenau, la vie n'était pas facile pour un enfant. Mon frère jumeau a été sélectionné par le Dr Mengele pour subir des expériences médicales. J'ai vu des déportés entrer dans certains bâtiments et n'en plus ressortir. On voyait des flammes sortir continuellement de la cheminée du crématoire, Avant d'être évacué, j'ai séjourné dans un bâtiment nommé " Canada ", où se trouvaient des lunettes, des valises, des vêtements, d'autres objets encore, le tout en grandes quantités.

Me Grumbach. - Quels sont les sentiments que vous éprouvez lorsque quelqu'un nie les chambres à gaz ?

Otto Klein.- C'est consternant. Les chambres à gaz ont existé, des millions de déportés ont péri dans les chambres à gaz.

Sigmund Toman. - J'ai aussi connu cet endroit nommé " Canada ", alors que je n'avais jamais rencontré monsieur Klein auparavant.

Me Grumbach. - Voilà une preuve évidente que les témoignages sont concordants ! (Selon la logique très particulière de Me Grumbach, quand deux anciens déportés qui ne se connaissaient pas auparavant s'accordent à reconnaître dans le lieu dit " Canada " un dépôt de matériel dont la présence n'est contestée par personne, cela constitue une preuve de l'existence des chambres à gaz !)

Le président Carrard à Amaudruz. - Ces trois émouvants témoignages ont-ils changé votre vision des choses ?

Amaudruz. - Ces témoignages expriment une souffrance que je ne nie pas. Toutefois, le professeur Faurisson, qui avait mis en évidence en 1985 lors du procès Zündel plusieurs contradictions dans la déposition du témoin Vrba, aurait été particulièrement compétent pour donner un avis sur le témoignage de monsieur Klein.

Me Grumbach. - Faurisson n'a jamais été professeur, c'est un multirécidiviste plusieurs fois condamné par les tribunaux français, et sa réputation de falsificateur est bien établie ! Voilà l'expert auquel se réfère sans cesse Amaudruz !

Me Nordmann. - La thèse de doctorat de Faurisson a d'ailleurs été annulée (manifestement, Me Nordmann confond Henri Roques et Faurisson).

Me Klarsfeld. - Faurisson est bien professeur, non d'histoire, mais de littérature française. Ce n'est pas un expert des chambres à gaz.

Le président à Amaudruz. - Si vous aviez mentionné 300 000 ou même 500 000 victimes en moins par rapport aux 6 millions, cela aurait pu encore être acceptable, mais prétendre qu'il n'y a eu que 150 000 victimes juives en tout, ça c'est un peu fort ! Comment pouvez-vous mettre en doute le chiffre de six millions ?

Amaudruz. - Le pape Jean-Paul II s'est recueilli à Birkenau devant le monument qui mentionnait quatre millions de victimes, alors qu'aujourd'hui le chiffre indiqué est de 1,5 million. En principe, on devrait tenir compte de cette diminution, mais il faut bien constater que le chiffre de six millions reste intouchable malgré cette révision.

Me Richard à Me Klarsfeld. - Quels sont les chiffres sur lesquels on peut se baser actuellement ?

Me Klarsfeld. - Ce chiffre de quatre millions vient des responsables du Musée d'Auschwitz. Wellers était arrivé à 1,35 million pour Auschwitz. (Voir annexe 10). De même pour la rafle du Vélodrome d'Hiver en 1942 à Paris, où le nombre de détenus, selon nos sources, est passé de 30 000 à moins de 8 000, dont 4 000 enfants. Nous connaissons les noms des 76 000 déportés juifs de France et la constitution exacte des convois. Aucune de ces personnes ne doit tomber dans les poubelles de l'Histoire. Retrouver la vérité de leur destin, c'est rendre hommage aux victimes. Maintenant on sait combien de déportés sont partis de France et combien ont été gazés à l'arrivée (ces chiffres ne sont pas contestés : Klarsfeld, ici, a fait œuvre de chercheur consciencieux, mais nombre d'auteurs contestent en revanche que ces déportés aient été gazés à Auschwitz). Selon moi, ce qu'on entend dans la voix de Gaston-Armand Amaudruz, c'est de la haine. C'est la volonté de gommer la page la plus noire du nazisme afin de pouvoir renouveler l'expérience… Les propos distillés par cet homme sont un poison. Ceux qui bafouent la vérité, on leur impose de se taire. C'est pourquoi la Licra a pour objectif de mettre sur pied un réseau qui sera chargé de combattre le racisme dans le monde entier.

Me Richard. - Alors qu'en est-il du chiffre de six millions de victimes ?

Me Klarsfeld. - Le chiffre réel ne change pas beaucoup et se situe entre 5,5 et 6,5 millions. Les victimes qui n'ont pas été tuées à Auschwitz l'ont été à Sobibor et dans d'autres endroits.

Le procureur Schwenter à Me Klarsfeld. - Les Mémoires d'Eichmann sont-ils crédibles ?

Me Klarsfeld. - Oui, et Eichmann ne niait pas le génocide, reconnu de même par d'autres responsables nazis. (Voir annexe 11).

Le président Carrard à Amaudruz. - Diffusez-vous vos idées auprès des jeunes ?

Amaudruz. - Les jeunes subissent actuellement des agressions dues à la drogue et aux décibels des musiques à la mode qui leur sont imposées par des commerçants astucieux. Comme le disait mon ami Pierre Dudan : " C'est cela ou rien du tout ". Il y a aussi les méthodes pédagogiques anti-autoritaires, qui ont échoué aux Etats-Unis et qu'on veut imposer chez nous. Alors que ces jeunes seront responsables de maintenir la vie sur terre ! A mon avis, il faut leur donner un message très simple : les plantes et les animaux comptent sur toi pour vivre ! Cela, un enfant de huit ans peut déjà le comprendre.

Le président Carrard. - Est-il vrai que vous recevez souvent des jeunes chez vous ?

Amaudruz. - Une fois l'an, avant Noël, des abonnés de tout âge se réunissent chez moi.

Le président Carrard. - Quels contacts avez-vous avec les skinheads, car les médias disent que votre influence est grande auprès de ces groupes ?

Amaudruz. - La presse raconte n'importe quoi. Elle a même affirmé que l'or de la Reichsbank reposait dans ma cave ; si seulement c'était vrai ! Cela m'aurait permis d'imprimer le Courrier du Continent de manière bien plus luxueuse…On a prétendu que j'avais combattu sur le front de l'Est, ce qui est une pure invention, quoique je regrette aujourd'hui de ne pas y être allé. Si j'avais dû répondre à toutes ces affabulations, sans parler des injures, je n'aurais pas eu de temps pour me consacrer à des activités plus utiles.

Le procureur Schwenter. - Ces témoignages ne vous ont-ils pas fait changer d'idée ?

Amaudruz. - Non.

Me Geller. - Un article de Hans Stutz du 30 mars 2000 confirme vos relations avec des skinheads. Niez-vous avoir pris part, et ceci dès les premières années d'après-guerre, à des manifestations néo-nazies ?

Amaudruz. - La photo qui illustre cet article a été prise le 10 août 1989 à Lucerne à l'occasion d'une cérémonie commémorant le massacre des gardes suisses aux Tuileries (sur cette photo, on reconnaît Gaston-Armand Amaudruz devant le Lion de Lucerne en compagnie de plusieurs personnes, dont des skinheads).

Me Geller. - Vous admettez bien avoir participé à cette manifestation ?

Amaudruz. - Mais bien entendu, puisque c'est moi qui l'avais organisée !

Me Geller. - La revue skinhead Helvétie blanche n'a-t-elle pas repris des articles du Courrier du Continent ?

Amaudruz. - Mais tant mieux !

Me Geller. - Pourquoi les groupes qui prêchent la tolérance ne se réfèrent-ils jamais à vos écrits ?

Amaudruz. - Vous parlez d'une tolérance à sens unique ! Il est normal de ne pas être cité par ses adversaires !

Me Geller. - Est-il vrai qu'on voit chez vous des symboles du national-socialisme ?

Amaudruz. - Vous trouverez accroché au mur un grand portrait de mon père.

Me Geller. - Avez-vous participé à la rédaction du tract de Vérité et Justice qui dénonce la nature stalinienne de ce procès ? (Voir annexe 12)

Amaudruz. - Non.

Me Richard à son client.- Connaissez-vous personnellement des skinheads ?

Amaudruz. - J'en connais quelques-uns de vue.

 

 

Audience du 5 avril

Me Nordmann à l'accusé. - Est-il vrai que vous avez aidé Thies Christophersen à rédiger le Mensonge d'Auschwitz ?

Amaudruz. - Quelle bêtise ! C'est par cette brochure que j'ai connu Christophersen.

 

 

 

Les plaidoiries des plaignants

Me Geller. - Amaudruz parle toujours de loi-muselière, alors que lui-même, par son avocat, a voulu clouer la bouche du témoin Hans Stutz et récuser les parties civiles. Il essaye lâchement de nier son rôle de leader de l'extrême droite. Il a, après l'entrée en vigueur de la loi antiraciste, persisté à vendre des ouvrages révisionnistes, ce qui est une atteinte à cette loi. Ses écrits sont une véritable offense à la dignité de chaque Juif. Depuis les années 40, Amaudruz a toujours évolué dans les milieux fascistes, dont il répand sans trêve les idées. Il participe activement à des réunions néo-nazies. Dès la guerre, son nom figure dans de nombreux rapports de police. Pendant celle-ci, il entretenait des relations avec des diplomates italiens et allemands. Amaudruz doit être condamné, mais je laisse au juge le soin de fixer la peine. Je demande au nom de ma cliente une indemnité pour tort moral de mille francs.

Me Nordmann. - Toute l'existence de l'accusé a été placée sous le règne de la haine et du mépris. La Première Guerre mondiale a fait 40 millions de victimes. La Deuxième Guerre a vu la tragédie de la Shoah et l'assassinat des Tziganes. Après la guerre, aux Indes, les hindous se sont entretués avec les musulmans. Apartheid en Afrique du Sud, ségrégation raciale aux Etats-Unis, crime de guerre en Yougoslavie, génocide au Rwanda, ce siècle a connu bien des drames, mais l'accusé a conservé les mêmes certitudes. Il n'a rien appris ni rien compris. Ses hallucinations délirantes ne devraient même pas retenir l'attention. Malgré son âge, l'accusé ne propage pas seulement une idéologie criminelle, mais représente encore une menace bien réelle. Bien qu'il utilise un appareil démodé pour imprimer son journal, ses pages peuvent se retrouver sur Internet. Les théories racistes de l'accusé sont choquantes, vu qu'il n'y a pas de race. Malheureusement, le racisme existe sans races, comme il y a en Pologne un antisémitisme sans Juifs. Les nouveaux dictionnaires ne parlent plus de race. Ce procès est utile au point de vue juridique, politique, didactique et pour des raisons humanitaires. Les magistrats ne sont pas des ânes qui font " Hi Han " comme le dit Amaudruz. Ne faudrait-il pas arrêter tout de suite l'accusé à cause du danger de récidive ? Il a continuellement maintenu ses positions. Son comportement me fait penser à un exhibitionniste qui viendrait à son procès sans pantalon ! (A ce moment, une partie du public manifeste bruyamment sa réprobation contre les propos déplacés de Me Nordmann : le président Carrard rappelle Me Nordmann à l'ordre.) Trois survivants sont venus parler de l'Holocauste et le Tribunal fédéral a confirmé l'existence des chambres à gaz. (Voir annexe 13). Une condamnation s'impose. Amaudruz n'est pas un requin qui évolue en eau claire, mais un poisson qui nage en eau trouble et se nourrit de pourriture. Quant à la peine, elle doit être sans sursis. Je laisse sa durée à l'appréciation de la Cour. Je demande pour ma cliente une indemnité pour tort moral de mille francs. N'oublions pas que les victimes ont été tuées devant vous une deuxième fois !

Me Gani. - Je ne peux pas accepter que les souffrances de mon client soient niées. Le père de mon client a été gazé (Sigmund Toman a déclaré que son père était mort à Auschwitz, sans autre précision). L'objectif de l'accusé est de voler la mémoire des victimes. Mon client ne veut certes pas empêcher chacun d'avoir son opinion, mais il ne peut tolérer que des être humains soient incités à la haine par les agissements de l'accusé. N'oublions pas que mon client souffrait à Auschwitz pendant qu'à la même époque Amaudruz préparait tranquillement sa thèse de doctorat à Lausanne. Au nom de mon client, je demande une indemnité de mille francs.

Me Grumbach. - Comme l'a dit Pierre Vidal-Naquet, le négationnisme est la forme moderne de l'antisémitisme. Amaudruz est un nazi, et les hommes comme lui ont porté Hitler au pouvoir. Des hommes comme lui ont exterminé la moitié de la population juive du monde. A Vienne, à deux heures de Berne, sévit un autre nazi et antisémite notoire nommé Haider. Nous avons tous vu comment Léon Reich s'est effondré sous la souffrance après avoir témoigné. Le négationnisme est une tromperie forgée par la haine des Juifs. Amaudruz s'est référé à Faurisson : il aurait tout aussi bien pu se référer à Hitler. Faurisson a été condamné à de nombreuses reprises. Eric Delcroix, le deuxième témoin de la défense écarté, est un antisémite, un fasciste et un négationniste, sous le coup d'une interdiction professionnelle en France (erreur, Eric Delcroix n'est pas interdit de Barreau). Voici un ouvrage illustré par David Olère, qui montre les chambres à gaz (on y voit les hommes d'un Kommando, torse nu, sortir des cadavres de la chambre à gaz pour les transporter dans les crématoires). (Voir annexe 14). Hilberg a décrit les gazages en se référant à 80 000 documents issus du Musée d'Auschwitz. (Voir annexe 15). Hitler, Goebbels, Himmler et Eichmann qui se sont vantés de l'extermination des Juifs, sont les amis de l'accusé. Au nom des Fils et Filles des déportés juifs de France, je demande une peine sévère sans sursis, car Amaudruz a blessé la dignité et les sentiments des victimes. Les enfants et petits-enfants des victimes que je représente ne pardonneront jamais à de tels bourreaux. Je réclame pour ma cliente la même indemnité de mille francs.

 

 

Le réquisitoire du Ministère public

Le procureur Schwenter. - Que dire de plus après ce que nous venons d'entendre ! Il faudrait s'appeler Mozart pour prétendre jouer une cinquième variation susceptible de faire mieux que ces quatre plaidoiries. (Autrement dit, ce n'est pas parce que Mozart était franc-maçon que tous les francs-maçons doivent se prendre pour Mozart !) Au premier abord, on pourrait croire que ce procès ne se distingue pas d'un procès pour atteinte à l'honneur. En réalité, il s'agit d'autre chose. Le mépris de la Shoah ne peut être toléré. Entre une insulte comme " salaud " et " fils de pute ", il y a une grande différence, car dans le deuxième cas c'est la mère de l'insulté qui est blessée dans son honneur. Il en va de même pour les descendants des victimes de la Shoah. Il y a une année, je me suis rendu au Rwanda, où j'ai vu une fosse commune avec 1 500 victimes, massacrées à la machette. De telles visions sont plus éloquentes que mille dossiers. La peste brune peut encore se propager ; en l'éradiquant, la Justice joue un rôle essentiel. Chacun connaît les déclarations de Voltaire sur la liberté d'opinion, et les paroles de Prévert " Quand la vérité n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie " mais, en l'occurrence, cette maxime est déplacée. Le dossier de l'accusé est rempli des nombreuses infractions de ses agissement illégaux. Ses prises de position contre le métissage, pour l'eugénisme, et son obstination à vouloir éliminer les " déchets biologiques ", tout cela est insupportable dans un Etat de droit. Quand Amaudruz déclare qu'il ne prône pas la supériorité d'une race mais la conservation des particularités de chaque race, même cela doit être assimilé à de la discrimination raciale ! Dans ce procès, il ne s'agit pas de juger un simple libraire ou un diffuseur, mais l'auteur lui-même ! Que la plupart des écrits de l'accusé datent d'avant 1995 et ne tombent pas sous le coup de la loi ne change rien à l'affaire. Quelques-uns des livres séquestrés que j'ai parcourus ne sont effectivement pas punissables, mais ce sont des détails en comparaison des autres infractions. Certes, iI ne faut pas faire d'Amaudruz un martyr. Cependant, la Justice doit frapper avec une précision chirurgicale. La loi n'est pas rétroactive, et on ne peut punir l'accusé pour ce qu'il a écrit avant l'entrée en vigueur de la loi. Dans son roman L'Ogre, Jacques Chessex met en scène l'accusé, sous le nom du professeur Mollendruz. (Voir annexe 16). Le protagoniste du roman est subjugué par Mollendruz. Quand il croise son pharmacien juif, il lui dit " sale Juif ! " Ecrasé par le remords, il se suicide peu après. Amaudruz prêche une haine destructrice. Celui qui lit ses textes entend les bruits de bottes des hordes brunes et croit entendre la voix d'Hitler. Le regard délirant qu'Amaudruz porte sur le Troisième Reich reste inchangé depuis 55 ans. J'ignore à quoi le législateur a pensé en fixant à 3 ans la peine maximum, mais la sanction pour Amaudruz ne doit pas aller jusqu'à la peine maximale. L'accusé a été rattrapé par la loi. La plus grande partie de ses agissements tombent dans la période où cette loi n'existait pas. Le seul cas comparable est celui de Graf ; Amaudruz est certes plus âgé que Graf, mais il est son coreligionnaire en révisionnisme. C'est pourquoi je demande 15 mois contre l'accusé, sans sursis, parce qu'il n'y a aucun espoir d'amendement, et la confiscation des ouvrages séquestrés.

 

 

 

La plaidoirie de la défense

Me Richard. - J'aimerais attirer votre attention sur la nature double de ce procès : d'une part, c'est celui d'un homme de 80 ans, dont les écrits ne touchent guère plus de 400 personnes, et d'autre part celui du négationnisme, une idéologie dont mon client n'est pas le leader. Or, Amaudruz ne doit être jugé que sur la base de l'acte d'accusation et des faits établis, à savoir ses écrits du Courrier du Continent publiés après l'entrée en vigueur de la norme pénale antiraciste. Par conséquent, mon client ne doit pas être jugé pour son passé. Quant à plaider sur le bien-fondé de la nature délictueuse des faits incriminés, j'observe que l'article 261 bis du Code pénal se prête à de nombreuses interprétations. Dans ces conditions, la meilleure argumentation reste vaine, puisqu'il suffit de requalifier l'infraction pour prouver le délit. En outre, il n'est pas du tout établi que mon client ait vendu un seul des livres incriminés après le 1er janvier 1995. Comparer Amaudruz à Graf n'est pas équitable, car Graf a enfreint la loi de manière bien plus grave, ayant vendu plusieurs milliers de livres et publié de nouveaux titres après 1995. Le jugement de 1998 contre Graf compte 165 pages. Les circonstances atténuantes en faveur de mon client sont nombreuses. Exempt de toute condamnation, Gaston-Armand Amaudruz ne nie pas la souffrance des Juifs. Dans ces conditions, une peine modérée avec sursis est amplement suffisante.

 

 

 

Le mot de la fin

Avant de clore les débats, le président Carrard demande à l'accusé s'il veut ajouter quelque chose.

Amaudruz. - Tout au long de ces débats, j'ai pu constater que je n'étais pas sur la même longueur d'onde que mes adversaires. Je considère la loi antiraciste comme illégitime.

 

 

La sentence

Le jugement est communiqué publiquement le 10 avril 2000 : pour propagande raciste et négationnisme, Gaston-Armand Amaudruz est condamné à un an de prison sans sursis. En outre, il devra verser mille francs de dommages et intérêts à chacune des parties civiles et payer 43 000 francs pour leurs frais. Les autres frais et dépens sont aussi à sa charge. De plus, le dispositif du jugement devra être publié à ses frais dans trois quotidiens de Suisse romande : 24 Heures, Le Matin et Le Temps.

 


Annexes

Le président Carrard a conduit ce procès comme ces chauffeurs qui connaissent si bien la route qu'ils circulent sans phares dans l'obscurité ! Et comme le dit si bien la police, en l'occurrence celle de la pensée, circulez, y a rien à voir ! C'est la raison pour laquelle les annexes ci-dessous sont comme autant d'arrêts et de coups de projecteur indispensables pour comprendre pourquoi certaines questions n'ont pas été posées et pourquoi certains témoins n'ont pas été autorisés à comparaître.

Annexe 1 - La loi-muselière (article 261bis du Code pénal suisse)

1) Celui qui, publiquement, aura incité à la haine ou à la discrimination envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur appartenance raciale, ethnique ou religieuse ;

2) celui qui, publiquement, aura propagé une idéologie visant à rabaisser ou à dénigrer de façon systématique les membres d'une race, d'une ethnie ou d'une religion ;

3) celui qui, dans le même dessein, aura organisé ou encouragé des actions de propagande ou y aura pris part ;

4) celui qui aura publiquement, par la parole, l'écriture, l'image, le geste, par des voies de fait ou de toute autre manière, abaissé ou discriminé d'une façon qui porte atteinte à la dignité humaine une personne ou un groupe de personnes en raison de leur race, de leur appartenance ethnique ou de leur religion ou qui, pour la même raison, niera, minimisera grossièrement ou cherchera à justifier un génocide ou d'autres crimes contre l'humanité ;

5) celui qui aura refusé à une personne ou à un groupe de personnes, en raison de leur appartenance raciale, ethnique ou religieuse, une prestation destinée à l'usage public,

sera puni de l'emprisonnement ou de l'amende.

 

Annexe 2 - Les parties civiles

Dans le cas du libraire genevois vendeur du livre de Roger Garaudy, Les Mythes fondateurs de la politique israélienne, le Tribunal avait reconnu la Licra partie civile, pour le motif qu'une fois tous les survivants de l'Holocauste disparus, il n'y aurait plus personne pour défendre leur mémoire. Or, en date du 15 avril dernier, c'est-à-dire une fois le procès Amaudruz terminé, ce libraire a été acquitté en deuxième instance par la justice genevoise, et la Licra condamnée à payer la moitié des frais ainsi qu'à lui verser une indemnité de 4 000 francs. Selon cette juridiction, seule peut se porter partie civile la personne physique qui a subi un dommage direct et personnel. Cette décision, qui vient confirmer le point de vue de Me Richard, semble due aux différences des codes de procédure cantonaux.

 

 


Annexe 3 -
Les écrits incriminés

L'acte d'accusation retient deux catégories d'écrits : d'une part ceux publiés par Gaston-Armand Amaudruz dans le Courrier du Continent, parus après l'entrée en vigueur de la loi-muselière, ainsi que trois ouvrages de sa main retirés de la vente avant l'entrée en vigueur de la loi-muselière ; d'autre part, plusieurs ouvrages d'autres auteurs, retirés de la vente en même temps que les trois premiers. On peut se demander pourquoi l'acte d'accusation a retenu ces ouvrages puisque l'enquête n'a pu établir que des exemplaires avaient été réellement vendus après l'entrée en vigueur de la loi-muselière. C'est que, selon les attendus du jugement, le simple fait d'offrir à la vente des ouvrages présentés comme " racistes " ou " révisionnistes " constitue déjà une infraction, pour cause d'atteinte potentielle à l'ordre public et à la dignité humaine. Mais ceci n'explique toujours pas pour quelle raison la loi a été appliquée avec effet rétroactif, c'est-à-dire illégalement, puisqu'il a été établi que finalement seuls les trois articles du Courrier du Continent ont été publiés après l'entrée en vigueur de la loi-muselière. Le jugement invoque à propos de ces offres virtuelles le " délit de mise en danger abstraite " (page 55 du jugement), et déclare plus précisément : " Il n'est donc pas besoin que les actes incriminés aient concrètement troublé la paix publique pour être sanctionnés par la loi " (page 55 du jugement). Avec de tels attendus, le délit d'opinion est consacré par les juges de Lausanne, puisque Gaston-Armand Amaudruz est rendu responsable d'ouvrages qu'il n'a pas mis en vente et qu'il n'a pas vendus, comme l'admet d'ailleurs l'acte d'accusation et comme le confirme le jugement. C'est dire l'inconsistance des faits retenus à charge par un tribunal contraint de faire la grenouille pour gonfler des accusations définies comme " abstraites " par les juges eux-mêmes. Par contre, la peine, quant à elle, n'est pas du tout " abstraite ", puisqu'il s'agit d'une peine concrète de prison ferme. Cette notion nouvelle de mise en danger abstraite avancée par le tribunal ouvre un champ d'action quasiment infini à la répression pénale, puisqu'il n'est plus nécessaire de commettre un " acte concret " pour tomber sous le coup de la loi. Le délit d'opinion est bel et bien devenu une réalité de notre système juridique.

Nous autres racistes, paru en 1971, est un exposé des principes du racisme fondé sur les lois naturelles. Il comprend notamment le Manifeste social-raciste du Nouvel Ordre européen. Les deux autres ouvrages incriminés écrits par Gaston-Armand Amaudruz sont Les Peuples blancs survivront-ils ? et Ubu justicier au premier procès de Nuremberg. Les extraits suivants ont été cités dans le jugement rendu par le tribunal correctionnel de Lausanne du 10 avril 2000 comme constitutifs d'infractions à l'article 261bis du Code pénal suisse (Référence PE95.001069-VBA/JSH/MCA).

(…) L'hérédité psychique étant acquise, le racisme en découle. Ceux dont l'âme se ressemble assez pour être prédestinés au même combat forment une communauté raciale et ils doivent s'unir pour défendre cette communauté : d'abord en assurer la survie, puis l'ascension biologique (page 37).

Pour l'homme, le diagnostic de Friedrich Ritter est des plus graves. L'arrêt de la sélection naturelle accumule le déchet humain (…) jusqu'au moment où celui-ci parvient au levier de commandes politiques et met l'Etat au service de sa conservation individuelle (page 39).

(…) Ensuite, on peut s'opposer à telle visée des Juifs, sans pour autant désirer leur extermination. Qu'il y ait eu des réactions brutales au cours de l'histoire, partout et régulièrement, prouve simplement que les peuples, une fois exaspérés, ne savent guère établir de nuances dans le choix des méthodes et que la cause première de ces explosions réside chez les Juifs eux-mêmes. On rechercherait en vain, dans la nuit des temps, les causes, par conséquent les responsabilités, qui ont conduit les Juifs à un parasitisme si régulièrement intolérable pour les autres peuples (page 44).

Nous autres racistes, ne désirons l'extermination d'aucune ethnie. Nous sommes prêts à aider le peuple juif à se retrouver ; mais encore faut-il qu'il y ait chez lui un minimum de bonne volonté permettant des solutions amiables (page 44).

 

Les extraits suivants font partie des 92 points du Manifeste social-raciste, présentés sous forme de question/réponse.

Point 14. - Le racisme ne signifie-t-il pas haine et mépris pour les autres races ?

Pas le moins du monde. S'il est normal d'avoir de la sympathie pour les Noirs qui sont noirs et les Jaunes qui sont jaunes, il est tout de même permis de préférer les Blancs qui veulent rester blancs. Si l'on honore l'élément aryen, cela ne signifie pas qu'on méprise les autres races. Bien au contraire, cela tend à prouver qu'on les estime. Puisque les races sont le fondement des peuples, le respect qu'on leur porte exige aussi le respect de leurs formes diverses.

Point 23. - Quelles sont les principales grandes races du monde ?

Ce sont les races blanche, jaune et noire.

Point 24. - Est-il vrai que les principales civilisations soient l'œuvre de la race blanche ?

Oui, mais la race blanche est aussi celle qui comporte le déchet biologique le plus important.

Point 30. - Quelle est notre communauté raciale ?

La race que nous devons défendre comprend les cinq principaux types d'Europe ainsi qu'un certain nombre de types secondaires, tout aussi caractérisés mais aux effectifs beaucoup plus faibles. Cette communauté raciale constitue le noyau de la grande race blanche. Nous l'appellerons race aryenne.

Point 31. - Quel a été le rôle de l'Aryen ?

Il y a trois espèces d'humanité : celle qui crée la civilisation, celle qui la conserve et celle qui la détruit. L'Aryen appartient à la première (…).

Point 32. - La communauté raciale comprend-elle tous les individus des races types qui la composent ?

Non. Chaque race type comprend un certain nombre de dégénérés jouant le rôle de parasite : le déchet biologique. Le déchet biologique ne fait pas partie de la communauté raciale, il en est l'adversaire le plus dangereux. Le déchet biologique se subdivise en deux parties : l'écume et la lie. L'écume comprend les dégénérés pourvus d'une haute intelligence parmi lesquels se recrutent les technocrates ploutocratiques ou communistes. Chez eux, l'intelligence constructive fait place à la ruse destructrice. La lie comprend les dégénérés moins doués constituant les asociaux et les criminels.

Point 34. - Quelle partie de la race blanche se trouve hors de la communauté raciale ?

Les ethnies qui, par métissage avec les races jaune ou noire, ou par évolution divergente se sont séparées du noyau de la race blanche. Par exemple les peuples sémites et turco-tartares.

Point 35. - Ces ethnies sont-elles alliées ou adversaires de notre race ?

Lorsqu'elles sont dirigées par leur élite biologique elles sont les alliées naturelles de notre race (…) En revanche, lorsque ces ethnies sont dirigées par leur déchet biologique, ce dernier, incapable d'assurer l'ascension, ne verra de salut que dans la ruine de la communauté aryenne.

Point 38.- En quoi consiste le problème juif ?

Dans le fait que l'ethnie juive, dirigée depuis longtemps par son déchet biologique, est utilisée comme un instrument de politique antiaryenne.

Point 39.- Comment se fait-il que le peuple juif soit contrôlé par son déchet biologique ?

Le début de ce phénomène se perd dans la nuit