TOTUS

Note du chapitre 2 de l'ouvrage
Le Pouvoir pâle, de S.Thion, 1969

1. Fynn rapporte (p. 5) comment les Africains se représentaient les Européens: "La croyance prévalait parmi les tribus de la côte que les hommes blancs n'étaient pas des êtres humains mais un produit de la mer qu'ils traversaient sur de grands coquillages; ils venaient près des côtes pendant les tempêtes, se nourrissaient de défenses d'éléphants qu'ils ramassaient sur les plages si on en disposait là à leur intention; ils mettaient à la place des perles qu'ils trouvaient au fond de la mer."


2. Les anrhropologues se sont trouvés en Afrique australe dans une situatinn privilégiée: ils avaient à leur disposition une documentation dont la profondeur historique était loin d'être négligeable, mais en même temps l'impact de la colonisation s'est fait sentir très tôt. C'est pourquoi les descriptions ethnographiques sont fort nombreuses, certaines, comme l'ouvrage de Monica Hunter sur les Pondo (1936), ont rang de classique.


3. P. Becker (p. 81) parle de 20 soldats stationnés dans la capitale.


4. Dans les premiers traités que les Européens signèrent avec des chefs africains, se trouvait couramment une clause interdisant aux Africains la "vente des femmes". Preuve, s'il en faut, que ces textes, pour les Africains, étaient dénués de signification (cf. Bird).


5. Lévi-Strauss (p. 578). Pour cet auteur, le "lobola n'est pas autre chose qu'une forme, détournée et évoluée, du mariage par échange" (p. 582).


6. Il semble, d'après Isaacs et Fynn, que les Zoulou la consomment rôtie à des fins sacrificielles et bouillie dans les autres occasions; on ne sait si cette opposition est rigoureuse.


7. Voir, en particulier, Schapera (I937), Radcliffe-Brown et Forde (l953) qui comportent des études sur les Swazi, les Tswana et les Zoulou, dues respectivement à Hilda Kuper, Isaac Schapera et Max Gluckman, voir en bibliographie sous Gluckman (1953).


8. Le terme de tribu pose, nous semble-t-il, un problème à l'analyste. L'usage anthropologique courant est bien posé par Krige (p. 2I7): "Le clan n'est pas une unité stable [elle parle de sib = (z.) isibongo traduit généralement par clan]; il croît, se subdivise et est renforcé par des groupes d'individus qui ont fui leur propre parentèle pour des raisons politiques ou à cause d'accusations de sorcellerie. C'est de cette manière qu'il se développe en ce qu'on connaît comme une "tribu", qui consiste en individus appartenant à de nombreux clans. [...] La tribu est généralement connue par le nom de l'ancêtre supposé être à l'origine du clan dominant, et le chef est un descendant de cet ancêtre dont la tribu porte le nom." L'auteur ajoute que tel est le cas de Zoulou.

Visant le système politique, Max Gluckman a rétrogradé la tribu (1940). Aprés avoir remarqué que "le mot zoulou iswe signifie nation, tribu ou pays" (p. 29), il désigne les Zoulou comme une nation; quant aux habitants des plus larges divisions de la narion, je les appelle "tribus" et ceux qui sont à leur tête, je les appelle "chefs" (p. 30). On sent l'arbitraire de la distinction, et les exemples qui l'infirment sont faciles à trouver: un clan comme celui des Qwabe--à l'origine, un lignage aîné de celui de Zoulou -- s'est toujours, pendant cette période, considéré comme supérieur aux Zoulou, bien qu'il ne formât qu'une des multiples "tribus" de l'Etat zoulou. Inversement les Makhanya (Reader, 1966) qui ont fui devant l'avance de Dingane se réclament de la "nation" zoulou.


9. Tous les traités au nom desquels les colons s'établirent reposèrent sur un malentendu: le chef africain cédait un droit d'usage limité dans le temps, le seul qu'il connût, le seul dont il disposât, tandis que les Européens estimaient leur droit de propriété désormais inaliénable.


10. 16 décembre l838. L'anniversaire est célébré avec ferveur par les Afrikaners pour qui il symbolise la grandeur des Voortrekkers et l'affermissement du pouvoir blanc. Les Africains l'envisagent différemment.


11. Agar-Hamilton parle de protectorat boer sur le royaume de Mpande.


12. Environ 900 Européens et 500 auxiliaires africains y furent tués. Le choc dans l'opinion publique fut considérable, et les polémiques sur les responsabilités de l'état-major ne sont pas encore aujourd'hui enterrées, les historiens ayant pris le relais des politiciens. Les dernières contributions en date sont celles de Furneaux et Morris.


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