Totus

Notes du chapitre 5 de l'ouvrage

Le Pouvoir pâle, de S. Thion, 1969

1. Est-il utile de dire que l'idée, soutenue par Van den Berghe, de concilier comme complémentaires la dialectique hégéliano-marxiste et le fonctionnalisme nous semble être un jeu d'ombres chinoises? (cf. p.4, 266, 281)


2. Une interprétation fort proche, en termes d'équilibration des conflits, a été donnée par Max Gluckman (1956: surtout le chapitre 6). Mais nous sommes assez éloigné d'accepter entièrement le sens que l'auteur donne à la notion de structure, ainsi que ses vues sur la nature de la dynamique sociale. Son interprétation générale n'en reste pas moins stimulante.


3. On ne saurait tenir pour telle la conception weberienne que nous opposerait sans doute Van den Berghe (1964: p.65).


4. Cela ne doit donc pas dispenser d'analyser les forces extérieures de toutes natures qui viennent faire pression.


5. L'Afrique du Sud représente 6% de la population et 20% de la production du continent (South Africa in the Sixties, p.XIII).


6. Les statistiques anciennes sont données en livres sterling. Le rand, créé après l'instauration de la République (1961) vaut une demi-livre, soit en 1967, avant la dévaluation de décembre, à peu près 7 francs français. Nous avons généralement gardé le rand comme unité monétaire pour les chiffres antérieurs à sa création, en doublant les chiffres donnés en livres.


7. Les arguments sont résumés par Dautun.


8. On a calculé que les investissements totaux dans les mines d'or du Rand étaient de 470 millions de rands jusqu'à 1945 et de 740 entre 1946 et 1960, sans compter 470 millions de profits réinvesris. D'autre part l'accroissement de la productivité, malgré le vieillissement des puits, a été de 36 à 49 onces par ouvrier entre 1910 et 1960.


9. Le gouvernement travailliste anglais, par exemple, à cause de l'instabilité de la livre, s'abstient de toute position marquée vis-à-vis de Pretoria, en dépit de la présence en son sein de Mme Barbara Castle, qui présidait l'Anti-Apartheid Movement jusqu'à son entrée dans le Cabinet.


10. Pour une description détaillée des industries sud-africaines, voir Houghton (1964, p.122-137) et South Africa in the Sixties (p.113-130) ainsi que les South Africa Year Books.


11. La participation française est d'environ 5%, placée surtout dans les holdings miniers; il s'agit, en grande partie, d'investissements de portefeuille.


12. En 1960, il existait 319 coopératives groupant 285 000 adhérents (pour 104 000 exploitants) avec un chiffre d'affaires approchant 1,2 milliard de rands (Houghton, 1964, p.65).


13. Le rapport de la "Commission pour le développement social et economique des régions bantoues dans l'Union d'Afrique du Sud" est la source principale pour les données de cet ordre. Le texte complet n'a pas été édité et n'existe que dans certaines bibliothèques sud-africaines Néanmoins, deux résumés ont été publiés: I'un par le gouvernement (cf Tomlinson Commissson) et l'autre par le S.A.I.R.R. (cf. Houghton, 1956j. Voir aussi plus loin, p.211-214.


14. Ainsi dans le Ciskei, I'élevage a coûté, entre 1945 et 1950, environ 30 rands à chaque famille (Houghton et Walton, p.166). On peut supposer qu'effectivement l'habitant des Réserves investit à perte dans son bétail. Nous n'avons trouvé nulle part l'analyse de ce fait, ou simplement la discussion qui l'établirait ou l'infirmerait. Il est vrai que les économistes sont -- en Afrique du Sud -- très mal à l'aise devant les faits d'anthropologie économique, si déformés et restructurés qu'ils soient par leur imbrication dans l'économie européenne. Sans parler de leur propre servitude idéologique.


15. "J'ai entendu un chef reprocher au démonstrateur [agricole] de venir ruiner son district, mais le même chef m'a fait remarquer que le mais poussait beaucoup mieux dans le jardin du démonstrateur que dans le sien. Il m'expliqua: "Je ne suis pas assez fou pour ne pas voir que ces méthodes sont meilleures que les miennes; mais si nous suivons ces méthodes, les Blancs verront que notre terre est bonne et nous la prendront, comme ils ont fait auparavant. Nous ne devons pas leur laisser voir que notre terre est bonne" (Glucknan, 1956, p.153-154).


16. La presse annonçait pourtant, en janvier 1967, que les autorités sud-africaines avaient décidé d'importer une quantité de petrole brut iranien équivalente à trois ans de consommation locale, et de la stocker dans une mine de charbon désaffectée, près de Sasolburg. D'après Nielsen (p.80) le pétrole tiré du charbon couvre, en 1965, 8% de la demande intérieure et devrait doubler en quelques années.


17. Un auteur nationaliste, Fritz Steyn, écrivait en 1943 que les Afrikaners ne contrôlaient que 5% des capitaux industriels (cité par Halliday, p.6). Entre 1939 et 1949 le nombre d'entreprises afrikaners est passé de 2428 à 9585 selon Van den Berghe (1965, p.60), ou de 3170 à 13047 selon Legum (p.42-43). Trapido indique qu'en 1959, 1% du capital minier, 12% du capital industriel et 25 46 du capital commercial sont sous contrôle afrikaner (p.80).


18. Cf. Vatcher (p.262). L'auteur rapporte l'opinion courante en Afrique du Sud selon laquelle des pressions furent exercées sur les églises er les municipalités afrikaners pour qu'elles confient leurs fonds à la Volkskas. La croissance de celle-ci est postérieure à la prise du pouvoir, son capital en 1949 est de 32 millions de rands et passe en 1958 à 120 millions, assez loin derrière la Barclays (448) et la Standard (412), filiales des puissantes banques anglaises. On remarque souvent, à juste titre, que la Volkskas est la seule banque purement sud-africaine (Vatcher, p.92).


19. La liste est considérable: Partrers in apartheid (p.14) cite 85 grandes societés américaines (en 1960). Le Who owns Whom de 1962 cite plus de 330 societés anglaises (cf. Ainslie et Robinson, p.9). Des esrimations plus récentes seraient beaucoup plus élevées.


20. Ils représentent en moyenne 30% des bénéfices, dont 40% sont rapatriés et le reste laissé au fisc.


21. Sean Gervasi en dresse une liste impressionnante, qui n'est pourtant pas exhaustive.


22. S'appuyant sur d'autres sources que le tableau précédant, Van den Berghe donne l'évolution du rapport des salaires moyens européens et non européens dans les industries secondaires. Il est de 4,84 en 1915 et de 4,71 en 1960, avec un maximum de 5,13 en 1920 et un minimum de 3,54 en 1946 (1965: p.305).


23. Ministre des Finances, 19 avril 1963 (Hansard, p.12, col. 4351-4352)


24. Il arrive assez souvent qu'un employeur recrute autant que faire se peut ses ouvriers dans le même village, afin d'assurer le remplacement immédiat de la main-d'Oeuvre en cas de départ er de retrouver des employés qui ont déjà travaillé chez lui: ils sont au courant du travail, et la solidarité villageoise assure la cohésion de la main-d'Oeuvre. Il y a donc une stabilité (très) relative. Mais cette pratique est rendue plus difficile par l'accroissement du rôle des Bureaux du Travail, qui répartissent la main-d'oeuvre au hasard (S.T.).


25. Les procédures de règlement des conflits du travail prévoient la participation des syndicats européens, à qui le droit de grève est reconnu. Mais les syndicats africains ne sont pas reconnus et la grève constitue un délit passible de peines criminelles. Les conditions d'emploi, et en particulier les salaires des ouvriers africains, sont fixés au cours de négociations entre patrons et syndicats ouvriers européens, avec l'intervention éventuelle de l'administration.


26. Cf. note 1, p.61.


27. En 1963, 61% des mineurs africains étaient étrangers. (Sgrvey, 1964: p.251).


28. Diverses enquêtes s'accordent à estimer que 40 à 50% du revenu monétaife dans les Récerves proviennent du travail migratoire (Houghton, 1964: p.92. -- Houghton et Walton, p.47).


29. Le cadre juridique est analysé en détail par Margaret Roberts. Voir aussi African Farm Labour (p.124). Il en ressort qu'en 1953-1954, 71000 Africains se sont vu refuser l'entrée dans le Rand, que la même année 35000 Africains, convaincus d'infractions vénielles ont préféré être placés par les Labour Bureaux dans les zones rurales ou péri-urbaines plutôt que de passer devant un tribunal, que 20.000 Africains à qui l'entrée des zones urbaines avait été interdite ont été recrutés par le Département des Affaires indigènes comme travailleurs sous contrat sur des fermes européennes.


30. Pour résumer, il suffit de citer le chiffre des expulsions des vingttrois plus grandes villes, entre 1956 et 1963: 464000; indication donnée par le ministère de l'Administration et du Développement bantous, (Survey 1964: p.189).


31. S. J. du Toit, haut fonctionnaire qui, dans African Farm Labour estime à 120 rands le coût annuel d'un ouvrier agricole pour son employeur (p.122).


32. Néanmoins, certains secteurs, en particulier dans le Natal, connaissent une forte concentration de fermiers africains; la superficie concernée est très réduite, ce qui n'a pas empêché Die Ba6rger de lancer un cri d'alarme: "Dans certaines parties de l'Afrique du Sud, il y a des fermiers qui n'ont pas de voisins blancs. Selon la tendance actuelle [...] on peut considérer comme un fait accompli que le platteZand est devenu noir" (in Legum, p.154). Ce sont des restes de la période qui a précédé 1948. En fait, l'élimination des squatters a commencé en 1913.


33. Cf. "Comité anti-apartheid", 1963. En cas d'infraction légère, et en fonction des besoins économiques, le tribunal peut proposer au contrevenant le choix entre purger sa peine en prison ou aller travailler un certain laps de temps sur une ferme européenne spéciale. Sur le caractère forcé du "choix" offert aux condamnés, voir l'Afrique du Sud et la primauté du Droit.


34. Non sans que "l'instabilité générale causée par le système migratoire ait mené la majorité des employeurs à accepter le travail instable et inefficace des Africains et à le tenir pour inévitable et dans la nature des choses" (Houghton, 1964: p.91).


35. Ainsi, par exemple, convient-il de considérer comme un sophisme le raisonnement suivant de Hobart Houghton: "Les limites du marché imposent ainsi une structure relativement coûteuse. Si l'on pouvait atteindre un gros volume d'exportation, le marché total (exportation et consommation intérieure) entraînerait la réalisation d'économies considérables de la balance {commerciale}. L'expansion des exportations réclame une haute productivité et de faibles coûts unitaires -- mais ceux-ci sont difficiles à obtenir à cause du volume réduit de la demande intérieure -- qui affectent de façon adverse la position compétitive des produits sud-africains sur les marchés mondiaux. D'où une forte pression pour élargir le marché intérieur" (Houghton, 1964: p.129. Nous soulignons). Cette pression existe mais de façon marginale. Vouloir imputer les difficultés de l'exportation à ce qui, justement, la rend possible -- en un mot le niveau des salaires -- revient à prendre l'envers pour l'endroit. Il serait préférable -- le cas du Japon aidant -- de chercher du côté de l'inégalité sectorielle du développement et de la médiocrité des taux de productivité (cf. Tableau IX p.112).


36. Nous ne faisons pas ici de querelle de mots. La limitation définitive des Réserves date de 1913 -- sept ans avant la création de la Banque centrale.


37

37. "Livre blanc sur le développement des régions bantoues", repris dans The Sequel... p.5. Souligné dans le texte.


38

38. Notamment plusieurs firmes d'automobiles japonaises. La Régie Renault s'est de même déclarée intéressée (Survey, 1964: p.171).

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